Suite à la diffusion d’un article relayé par mon amis Arnaud Contreras sur Facebook : “Pourquoi il faut arrêter la photo de concert” publié sur le site le hiboo, je voulais mettre un petit commentaire, mais, trop long, je le mets ici.
Les difficultés du monde de la photo est sujet récurant (ici, là là, et là et encore ici) que l’on constate dans d’autres domaines que celui de la photo de concert (les manifs de rues ou les défilés de mode par exemple) et qui pose plein de questions :
Le matin de cette journée de portraits, j’avais fait mon premier défilé de mode. Comme je n’y connaissais rien, j’étais venu en cravate. Il faisait frais, j’avais aussi un pull bien chaud. Arrivé au carré des photographes, je ne vis que des types en tee-shirt publicitaires, polos délavés, jeans, baskets… Du coup, j’ai gardé, malgré la chaleur étouffante, mon pull pour cacher ma cravate.
L’après-midi, le soleil s’était levé, il faisait bon, je rejoignais le camp de Roms installé depuis quelques semaines à Saint-Ouen.
Une amie, élue régionale verte, se battait contre la mairie pour l’obliger à respecter la loi et accepter l’inscription des enfants aux écoles de la ville. La municipalité communiste avait embauché des vigiles pour leur barrer l’accès au service scolaire.
Rapidement les enfants étaient devenus mes guides dans le camp, ils me trainaient d’un endroit à un autre, me tenant par… la cravate.
Je faisais office de photographe-public. À chaque fois que je revenais, j’apportais les photos de la veille m’assurant qu’elles aillent bien dans les mains des personnes photographiées afin qu’elles ne soient pas monnayées ou déchirées et jetées à terre.Je suis venu plusieurs fois par semaine, jusqu’à l’expulsion du camp. Les rats grouillaient sous la dalle de béton qui portait les caravanes et remontaient la nuit attaquer les enfants.
Charles-Auguste Questel, sous l’égide du baron Haussman en 1867, a conçu Sainte-Anne en autonomie totale par rapport à son environnement extérieur. C’était un monde clos, à l’image du monde asilaire, derrière des murs hauts de plusieurs mètres, dans une ville de Paris qui était beaucoup moins étendue qu’aujourd’hui.
Sainte-Anne est désormais au cœur de la ville. Il est urgent de traduire les évolutions de la société et l’ouverture de l’hôpital sur la ville.
Les murs subsistent en partie. Le périmètre et les portes de Sainte-Anne sont le point de contact avec la ville. Il s’agit de faire de Sainte-Anne un quartier parisien, tout en préservant sa singularité, le calme, l’harmonie et la sérénité qui s’en dégagent.
Dans le sens du développement des usages mixtes ville-hôpital, le carré historique s’ouvrira à des activités culturelles et scientifiques, grâce à son Institut de la psychiatrie et des neurosciences et à son centre de congrès, auquel participera la ville.(extrait de la plaquette de présentation du projet de rénovation de l’hôpital Saint-Anne pour les années 2005 – 2020)
Exposition d’Alice Dourenn “Photographies sur miroir”
Chez Eva Pritsky
5 rue d’ Eupatoria 75020 Paris, métro Ménilmontant
Du 13 au 18 octobre 2011
Vernissage le jeudi 13 octobre à partir de 19 h